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Quelques "crues et allouies classées" ...

 

 

"Dans l'hiver de 1607-1608, le froid eut une telle intensité, que la Loire fut prise pendant deux mois; la chaleur survint tout-à-coup; la Loire, grossie par la fonte subite des neiges remplit ses digues, et il en résultat une inondation qui causa d'incalculables dommages.
Le faubourg du bout du pont, considérable alors, et qui se divisait en deux quartiers, dont l'un se nommait Chambon et l'autre Bourgneuf, fut entièrement emporté, et la Loire passe aujourd'hui dans l'endroit où il était situé. Il y avait dans ce faubourg un cimetière particulier, plusieurs auberges, des moulins, des fabriques, une métairie appelée la Sermentière, un clos de vignes et un petit bois appelé Olivet. Il occupait l'espaces contenu au Nord entre les arches de bois et la levée, et à l'est entre les deux barrages que nous voyons aujourd'hui.
 
L'hiver de 1709 fut tristement célèbre par l'extrême rigueur du froid, qui commença le 6 Janvier et finit le 2 Février. A la suite d'un faux dégel, les blés, les vignes, et les arbres fruitiers furent entièrement gelés. Pendant les dix-huit mois qui précédèrent ce terrible hiver, le val fut inondé trois fois par de fortes crues. l'une d'elles fut si considérable qu'elle entraîna la chute de cinq arches du pont de Beaugency et causa la mort de plusieurs personnes qui se trouvaient dessus. Le prix du blé s'éleva rapidement, et la mine se vendit 20 francs au marché de Beaugency; la cherté continua jusqu'en 1713, où la mine de froment valait encore 16 francs. Mais l'année suivante, la récolte étant abondante, elle descendit à 3 livres 16 sols.

 
Pendant l'hiver de 1716, le froid fut encore très rigoureux et il tomba une grande quantité de neige. Le dégel étant survenu tout-à-coup, les eaux du Ru s'enflèrent tellement que dans leur rapidité elles entraînèrent le mur de ville et les jardins environnans. Le torrent combla le lit du Ru au-dessus du pont de Vernoise, renversa une maison située devant le moulin Choiseau, une autre près la porte Argentier, en endommagea plusieurs et creusa de dix pieds la rue du Moulin-Choiseau. Les inondations du Ru s'appelaient alors une allouie, du mot latin alluvio, et elles étaient très fréquentes, surtout dans les temps de neige. La situation du Ru, encaissé entre deux collines, explique ce phénomène que le perfectionnement de la culture a rendu rare aujourd'hui.
 
La crue de la Loire en 1733, causa les plus grands désastres dans le val de Beaugency. les eaux s'élevèrent à une hauteur prodigieuse, et pour en perpétuer le souvenir, les chanoines réguliers de l'Abbaye firent poser à leur principale porte une plaque de fer avec cette inscription : Crue de la Loire, le 30 Mai 1733. Cette plaque, qui s'élevait alors à plus d'un mètre du sol, existe encore à la porte de la maison de M. lemaigneu-Jeuffrenet et se trouve aujourd'hui enterrée à moitié par suite des remblais du quai.

 
Le lundi 19 Mai 1738, à trois heures du soir, apparut à l'horizon de Beaugency, du côté de l'ouest, un nuage noir et épais qui s'avançait rapidement. On entendait déjà le roulement du tonnerre et le sifflement précurseur de la grêle; l'effroi fut général dans la ville, dont les habitans s'assemblèrent sur le petit mail. On courut à l'église de Saint Firmin conjurer le prieur de venir en procession à la chapelle Notre-Dame-des-Aides pour implorer la miséricorde divine. M. Grandvau, vicaire de la paroisse, s'y rendit avec son clergé, et à peine avait-il terminé la dernière prière de l'exorcisme du rituel que le nuage se fendit tout-à-coup en deux : une moitié fut se perdre dans la Beauce et l'autre dans la Sologne.
On cria au miracle, et M. Grandvau fur porté en triomphe par tous les assistans; les magistrats municipaux envoyèrent une relation de ce qui s'était passait à l'Evêque d'Orléans, qui, par un mandement daté de Meung du 23 Mai 1738, ordonna une neuvaine dans toutes les églises de Beaugency, et une procession générale à laquelle assistèrent toutes les autorités civiles, militaires et judiciaires.
Avant le défrichement de la forêt de Briou, nous avons été plusieurs fois témoin du déchirement des nuées venant de l'ouest au moment où elles atteignaient Beaugency, et les communes de la Beauce ont été souvent victimes de ce phénomène météorologique, attribué au balancement des grands arbres de la forêt de Briou agités par le vent
 
Le 2 Février 1753, il y eut encore une nouvelle allouie occasionnée par la fonte subite des neiges; les eaux s'élevèrent à la hauteur de plus de huit pieds le long des murs de ville et inondèrent les marais; retenues par les murs, elles ne s'écoulaient que lentement par les vannes du moulin des Murs. Les habitans des marais, dont les maisons étaient submergées, vinrent solliciter les magistrats de faire déboucher le déversoir, afin de laisser un libre cours aux eaux. Les habitans des maisons situées dans l'intérieur de la ville s'y opposèrent, dans la crainte de voir se renouveler les désastre de 1716 et obtinrent au contraire que le déchargeoir serait fortifié.
 
Le 12 Janvier 1768, après un froid excessif qui dura vingt-deux jours, et pendant lequel la Loire fut entièrement prise, eut lieu une débâcle qui causa les plus grands malheurs. La crue ayant soulevé les glaces, entraîna tout ce qui se trouvait sur son passage, et pendant trois jours la Loire fut couverte de débris de bateaux, de moulins et de meubles de toute espèce; plusieurs personnes, surprises par les glaces, perdirent la vie. Deux arches du pont de bois de Beaugency furent renversées.

 

Le 11 Octobre 1846, la Loire sortit de son lit et nous donna le triste spectacle de l'inondation générale du val. De Beaugency jusqu'aux côteaux de la Sologne, on ne voyait qu'une vaste nappe d'eau, an-dessus de laquelle apparaissaient les toits des maisons et les cimes des arbres".

 

Les fin Novembre 1825, 1er Novembre 1855, 2 Mai 1856, 20 Mai 1856 plusieurs crues subites de la Loire la firent atteindre jusqu'à 4,50 mètres à l'étiage...

 

Le 1er Juin 1856 la Loire commença à monter rapidement, et le 3 Juin, elle atteignit 6,09 mètres en amont du pont, 5,48 en aval et 5,68 à l'échelle placée devant la maison de M. Lasseux. Le même jour, à six heures du matin, le fleuve rompit la levée devant le pont construit sur la route n°10. Celle du guidon eut le même sort, et en peu d'instans se forma  une brèche de 290 mètres de longueur sur 30 mètres de largeur et 6 de profondeur. Les eaux se répandirent comme un torrent dans le val, qu'elles couvrirent à une grande hauteur. Les habitans, surpris, n'eurent que le temps de sauver avec leurs bestiaux sur les points les plus élevés qu'ils purent trouver. Une arche du pont de Beaugency, frappée par la violence du courant, menaçait ruine, et ne dut probablement son salut qu'à la la rupture des levées, qui occasionna tout-à-coup une dépression de 1,50 mètre aux étiages...

L'administration municipale organisa immédiatement des moyens de sauvetage. Des barques ... parcoururent le val pour porter secours et des vivres aux inondés de Beaugency, Lailly, Dry et Saint Laurent des Eaux. Le quai neuf était entièrement submergé, et l'eau s'avançait loin dans la rue du pont La circulation sur le pont fut interdite pendant plusieurs jours ... Les désordres étaient immenses. Toutes les récoltes du val, qui présentaient les plus belles espérances, furent entièrement détruites.  Le pont de la route n°10, au bas du guidon, renversé par la force des courans, n'offrait plus qu'un amas de ruines; près de vingt hectares de terre à côté se trouvaient complètement ensablées, la route n° 9, ravinée en plusieurs endroits, n'était plus praticable, et dans un rayon de cinq kilomètres au midi de Beaugency les belles plaines du val, si riches naguère en produits de toute nature, étaient ensevelies sous les eaux".

 

Selon "Essais historiques sur la ville et le canton de Beaugency" par JN Pellieux,

"avec continuation jusqu'en 1856" par Lorin de Chaffin (tome I &II)

  21 Octobre1907 - Crue de la Loire      Crues et allouies

 

 

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